Le Togo accueille, du 17 au 21 août 2026 à Lomé, l’Atelier régional sur les valeurs et les approches en culture de sûreté et de sécurité nucléaires, organisé avec l’appui de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). La cérémonie officielle d’ouverture s’est tenue ce lundi 17 août à l’Hôtel Sarakawa, en présence du Ministre Délégué chargé de l’Énergie et des Ressources Minières, de l’Autorité Nationale de Sûreté et de Sécurité Nucléaires (ANSSN), des représentants de l’AIEA, d’experts internationaux et de délégations de plusieurs pays africains.
Pendant cinq jours, cette rencontre régionale réunit des participants du Burkina Faso, du Burundi, des Comores, de la Côte d’Ivoire, du Gabon, du Mali, de la Mauritanie, du Niger, de la République centrafricaine et de la République démocratique du Congo. Des experts venus du siège de l’AIEA à Vienne, du Canada et du Burkina Faso prennent également part aux travaux pour partager leurs connaissances et leurs expériences.
L’objectif de l’atelier est de permettre aux participants de mieux comprendre les valeurs et les comportements qui permettent de construire une véritable culture de sûreté et de sécurité nucléaires. Au-delà des textes et des procédures, les échanges mettent l’accent sur la responsabilité de chaque acteur, la communication, le leadership, la transparence et la capacité à tirer les leçons des expériences vécues.
À l’ouverture des travaux, le Ministre Délégué chargé de l’Énergie et des Ressources Minières a souligné l’importance de cette dimension humaine de la sûreté et de la sécurité nucléaires, rappelant que « la sûreté et la sécurité ne reposent pas uniquement sur les textes et les équipements, mais également sur les comportements, les responsabilités et les valeurs que nous cultivons au quotidien ».
Dans le même esprit, le Secrétaire permanent de l’ANSSN a mis l’accent sur la nécessité de faire de la culture de sûreté et de sécurité une pratique durable au sein des institutions et des organisations. Il a notamment relevé que « la culture de sûreté doit être vécue au quotidien et portée par l’ensemble des acteurs, afin que chaque décision et chaque action intègrent pleinement les exigences de sûreté et de sécurité ».
Les travaux s’appuient ainsi sur une approche interactive combinant présentations techniques, discussions, études de cas, exercices pratiques et partage d’expériences. L’ambition est de donner aux participants des outils directement applicables dans leurs organisations et de favoriser, entre les pays, l’échange de pratiques adaptées aux réalités du terrain.
Pour le Togo, l’organisation de cette rencontre s’inscrit dans une dynamique nationale engagée depuis plusieurs années pour renforcer le cadre de sûreté et de sécurité nucléaires. Le pays s’est notamment doté de la loi n°2020-006 du 10 juin 2020 relative à l’utilisation sûre, sécurisée et pacifique du nucléaire et de l’Autorité Nationale de Sûreté et de Sécurité Nucléaires (ANSSN), opérationnalisée en 2021.
Le Togo a également renforcé sa coopération internationale en adhérant aux principales conventions relatives à la sûreté nucléaire, à la gestion du combustible usé et des déchets radioactifs, à la notification rapide des accidents et à l’assistance en cas d’urgence radiologique. Son élection au Conseil des gouverneurs de l’AIEA pour la période 2025-2027 vient conforter cette dynamique et témoigne de l’engagement du pays dans les mécanismes internationaux de gouvernance nucléaire.
Mais derrière les lois, les institutions et les normes, la sûreté et la sécurité nucléaires reposent avant tout sur les femmes et les hommes qui les mettent en œuvre au quotidien. Développer cette culture, c’est créer un environnement où chacun comprend son rôle, où les anomalies peuvent être signalées, où les erreurs deviennent des occasions d’apprentissage et où les décisions sont prises avec le souci constant de protéger les personnes, les communautés et l’environnement.
Cet enjeu prend une importance particulière alors que les pays africains développent progressivement l’utilisation des technologies nucléaires et radiologiques dans des secteurs tels que la santé, l’agriculture, l’industrie et la recherche. Le renforcement des compétences et des institutions apparaît dès lors comme un levier essentiel pour garantir que ces technologies puissent contribuer pleinement au développement, dans des conditions sûres, sécurisées et pacifiques.
Les travaux se poursuivront jusqu’au 21 août 2026, avec l’ambition de renforcer les capacités des participants et de consolider une dynamique régionale fondée sur la responsabilité, la coopération et l’apprentissage collectif.